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Arts et Sciences, Lettres, Histoire, Religion

Les quelques livres présentés ici témoignent, chacun à leur manière, de l’extrême diversité des collections de la bibliothèque des avocats. Ils retiennent tous l’attention par leur qualité esthétique. Voici, en quelques mots, les principales caractéristiques de ces différents ouvrages.

En haut à gauche, l’oiseau très coloré dans un beau décor floral appartient à un album de 28 gravures aquarellées, comprenant exclusivement des fleurs, des oiseaux et des insectes, avec des légendes en caractères chinois.

La gravure représentant un groseiller est extraite d’un ouvrage intitulé « Herbarium Blackwellianum » : Alexander Blackwell, botaniste anglais, a d’abord fait publier à Londres en 1737-1739 un herbier avec des gravures réalisées par sa femme Elizabeth. L’ouvrage, très apprécié en son temps, fait peu après l’objet de la présente édition allemande, revue et augmentée. Elle présente 600 illustrations qui ont gardé toute leur fraîcheur de coloris.

Les deux planches représentant des papillons appartiennent à un album composé de peintures sur papier de riz, montées sur des feuillets et encadrées de soie bleue. Une étiquette collée au verso du premier feuillet porte la mention « Yoeequa painter », nom d’un atelier de peinture actif en Chine au XIXe siècle.

En haut à droite la gravure d’un « devin de Kamtschatka » (région du nord-est de la Russie) est extraite d’un ouvrage à l’intitulé explicite : « Costumes civils actuels de tous les peuples connus ». Ce devin figure en tête d’un chapitre consacré aux mœurs et coutumes des « devins et schamans des deux sexes ». L’ouvrage entier comprend près de trois cents illustrations, qui offrent un panorama pittoresque de l’ensemble du monde à la veille de la Révolution française. L’auteur du texte, Sylvain Maréchal (1750-1803), a laissé un nombre considérable d’écrits dont certains sont réédités aujourd’hui, par exemple son « Projet d’une loi portant défense d’apprendre à lire aux femmes ».

La bibliothèque conserve naturellement un certain nombre de bibles, mais aussi bien des adaptations de l’Écriture sainte, comme cette « Histoire du Vieux et du Nouveau Testament », rédigée par Lemaistre de Sacy, publiée en 1770  et ornée de multiples gravures. La scène reproduite ici (à gauche) représente le célèbre jugement de Salomon : afin de départager deux femmes qui revendiquent le même enfant, le roi ordonne qu’on le coupe en deux pour en donner une moitié à chacune. Conformément au récit biblique du premier Livre des Rois, la vraie mère se révèle alors en suppliant le souverain que l’enfant soit épargné et donné à sa rivale, alors que celle-ci déclarait encore préférer la mort de l’enfant que de le voir confié à l’autre.

 

 

 

 

C’est une autre scène inspirée de l’Ancien Testament qui est présentée à droite : le couronnement d’un prince de la tribu de Siméon. Cette chromolithographie reproduit un fragment de vitrail de la Sainte-Chapelle, plus précisément la verrière consacrée au Livre des Nombres. Les souverains de l’Ancien Testament sont particulièrement présents à la Sainte-Chapelle, édifiée à l’initiative de Louis IX pour abriter la couronne du Christ qu’il venait d’acquérir. Le futur saint Louis affirmait ainsi avec éclat le prestige de la monarchie capétienne dans l’Occident chrétien. L’illustration reproduite appartient à un ouvrage sur la Sainte-Chapelle publié en 1865 par Decloux et Doury. Ce livre permet d’apprécier l’étendue des travaux de restauration effectués sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire. Les vitraux du XIIIe siècle n’ont été que partiellement restaurés et demeurent le plus beau témoignage de la présence royale dans le Palais de la Cité.

 

La monarchie est encore célébrée avec la gravure (à gauche) présentant le décor en amphithéâtre conçu pour la Place Dauphine en l’honneur de Louis XIV et de son épouse Marie-Thérèse : peu après son mariage, le couple royal fait une entrée en grande pompe à Paris, le 26 août 1660. Deux ans plus tard paraît un ouvrage, à laquelle appartient cette planche, qui a pérennisé l’ensemble des décors, des manifestations et des discours de cette journée mémorable. La Place Dauphine apparaît ici avec ses maisons d’origine, avant les multiples destructions, reconstructions ou surélévations qui vont rompre sa belle ordonnance. À l’arrière-plan, sous l’arc de triomphe éphémère édifié pour la circonstance, on devine la statue équestre du roi Henri IV qui orne le Pont-Neuf.  

 

 

 

L’ordre du Saint-Esprit renvoie lui aussi à la royauté : il a été créé par Henri III en 1578 pour honorer la noblesse française. L’ordre doit sa dénomination au fait que l’avènement du souverain eut lieu le jour de la Pentecôte. Supprimé à la Révolution, il a été rétabli pendant la Restauration avant d’être définitivement aboli en 1830. Les statuts de l’ordre ont souvent été imprimés et reliés avec le plus grand soin, à l’attention de ses membres. La reliure de notre exemplaire présente un décor spécifique : la colombe du Saint-Esprit orne les angles tandis qu’au centre figurent les armes de France entourées des colliers des ordres de Saint-Michel (créé en 1469 par Louis XI) et du Saint-Esprit.

 

Avec « Les Plaideurs », nous abordons l’univers des lettres sans quitter pour autant le Palais de Justice : la célèbre comédie de Racine est publiée pour la première fois en 1669, par deux libraires du Palais, Claude Barbin et Gabriel Quinet. Notre édition, datée de 1681, reprend l’adresse de Gabriel Quinet, mais est en fait une contrefaçon de l’époque. Voici, dans l’orthographe d’origine, un extrait de l’échange fameux (Acte III, scène 3) entre le juge (Dandin) et l’avocat (L’intimé) :

DANDIN
Il auroit plûtost fait de dire tout vingt fois,
Que de l' abréger une. Homme, ou qui que tu sois,
Diable, conclus, ou bien que le Ciel te confonde.
L’INTIMÉ
Je finis.
DANDIN
Ah !
L’INTIMÉ
Avant la naissance du Monde...
DANDIN, baaillant.
Avocat, ah passons au Déluge.

 

 

« Vous avez la parole, expliquez-vous, vous êtes libre ! ». C’est en ces termes qu’un juge s’adresse à un homme bâillonné et immobilisé. La bibliothèque des avocats ne pouvait pas oublier Honoré Daumier. Cette lithographie particulièrement féroce de l’artiste, publiée en 1835, témoigne du conflit aigu qui opposait la Monarchie de Juillet à ses adversaires républicains, alors violemment réprimés. Les droits de la défense paraissent ici singulièrement malmenés ! « La Caricature », célèbre hebdomadaire satirique où Daumier exerçait ses talents, était régulièrement poursuivi et condamné par les magistrats de Louis-Philippe. Le périodique cessera de paraître peu après, en raison des lois de septembre 1835 rétablissant la censure de la presse. L’ensemble des numéros parus pendant ses cinq années d’existence constitue un remarquable témoignage, tant historique qu’artistique, sur les premières années de la Monarchie de Juillet.

 

 
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